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«CRÉATURES DE GRÈVE»

Exposition de photos de Jean-Sébastien Veilleux au Centre GO

— L'exposition «Créatures de grève» occupe le Grand foyer du Centre GO jusqu'au 30 octobre 2015. Jean-Sébastien Veilleux, photographe, y présente des portraits élaborés en utilisant les multiples matières que recèlent les berges du fleuve à Saint-Jean-Port-Joli. L'exposition raconte, en images, le récit d'une enquête photographique à propos de créatures légendaires. Des personnalités bien connues de la communauté ont accepté, l'instant d'un cliché, de se prêter au jeu en incarnant ces personnages faisant écho au fleuve. La population est invitée à venir découvrir et à identifier les créatures.

«Créatures de grève»  un projet créatif collectif 

Produit au Centre GO par le biais de l'Entente de développement culturel de la Municipalité de Saint-Jean-Port-Joli, le projet «Créatures de grève»  est le fruit d'une collaboration riche en créativité. C'est avant tout un projet de rencontres, d'ouverture et de partage entre les artistes, les assistants, le photographe et les modèles, tous issus de la communauté. Parfois en duo, parfois en solo, les assistants créateur, avec le photographe, ont élaboré les personnages et transformé tours à tours les modèles. Jean-Sébastien Veilleux a alterné ses équipes d'artistes et assistants en veillant à la cohérence de l'ensemble des portraits.

Mentionnons tout d'abord Eveline Des Rosiers (artiste peintre), qui collabore avec Jean-Sébastien Veilleux depuis son arrivée dans la région en 2011. Ce duo a été un moteur important pour le photographe et particulièrement pour ce projet.  Mme Desrosiers, en plus de concevoir certaines créatures et d'assister le photographe sur plusieurs shootings, a confectionné les accessoires qui apparaissent dans les portraits.

À ce duo s'est ajoutée Marie-Claude Hains, artiste sculpteure, auteure de la toute récente exposition Sabrer l'oubli, réalisée avec l'aide du photographe au Musée Maritime du Québec à L'Islet. Pour Jean-Sébastien Veilleux, il s'agit d'un début de collaboration prometteuse et inspirante.

Marie-Anne Lemay (artiste-graphiste-illustratrice propriétaire de Caractère Design), a accompagné le photographe dans la direction artistique de l'ensemble du projet, en plus de participer à la création des personnages. Jade Fortin (maquilleuse), a mis ses talents au service de quelques créatures.

Le déclencheur

Le projet « Créatures de grève» apparaît il y a plus de deux ans, lors d'une séance créative entre Jean-Sébastien Veilleux, Eveline Des Rosiers et leur modèle, Kathy Morin. Le photographe a alors l'idée de souligner le lien puissant, conscient ou non, qui existe entre le fleuve et la communauté. Par ce projet, il veut aussi démontrer son affinité avec le milieu dans lequel il a choisi de s'établir et d'évoluer, Saint-Jean-Port-Joli. Il décide donc de lancer le projet au Centre GO, tel une bouteille à la mer.

Le Centre GO est alors en plein appel de dossiers pour son programme régulier d'expositions. Le comité de sélection, composé de pairs, suggère à la direction de réserver un sort particulier à « Créatures de grève », qui devient un projet spécial. Le Centre GO amorce aussitôt la recherche de financement pour le réaliser. « Le projet s'inscrit parfaitement dans l'une des missions du Centre GO, qui cherche à mettre en valeur les projets artistiques ancrés dans la communauté et à favoriser la rencontre entre les créateurs et la population. Nous y avons vu aussi une opportunité de proposer une exposition en lien avec la thématique de la Fête des Chants de marins pendant cette période des plus achalandées à Saint-Jean-Port-Joli », explique Anne-Frédéricke Provencher, directrice.

Du fleuve au studio

Utilisant les matières et objets récoltés sur les berges du fleuve, le photographe et ses complices/assistants créatifs ont élaboré des portraits au caractère fort. Allant du bois de grève aux matières moins naturelles telles que le plastique et objets de tous acabits, la grève est devenue une source d'inspiration sans limite pour concevoir les créatures.  Pour le photographe, ces objets sont des créations du fleuve, rejetées sur le rivage. Dans l'imaginaire de l'artiste, ces créatures façonnées dans les entrailles du fleuve et qui déambuleraient sur les grèves, se métamorphosent constamment et laissent des traces fugitives. 

Le projet revêt la volonté de mettre en contexte des rencontres inusitées entre matière et force de la nature, entre nature et humain et de mettre en valeur l'inter-créativité qui en découle. Au fil des indices cumulés lors de ses explorations, le photographe parvient à reconstituer l'apparence de ces créatures dans son studio-laboratoire et sous des éclairages révélant leur caractère singulier. L'exposition « Créatures de grève » met au grand jour le résultat de cette quête de l'improbable.

Ayant une vision très précise du rendu final des photos, l'artiste explique que le travail d'éclairages est crucial pour donner un aspect sculptural aux personnages et conférer une ambiance dramatique propre à chacun. Par l'effet de contraste opposant les objets trouvés en nature à un environnement studio, le photographe donne un aspect cinématographique aux portraits. « Chaque créature pourrait être une affiche de film ou la couverture d'un livre fantastique », explique Jean-Sébastien Veilleux.

Inspiré par des photographes de renom tel Wynn Bullock et Andrzej Dragan pour leur regard quasi scientifique de la photo, Jean-Sébastien Veilleux perçoit le portrait comme la dimension la plus importante de son métier de photographe. « Le portrait, qu'il soit à vocation artistique ou commerciale, permet d'explorer notre propre nature » pense-t-il. 

Des personnalités connues transformées en sculpture vivantes.

Des gens qui rayonnent dans la région de par leurs implications, leur personnalité ou leurs créations se sont prêté au jeu afin d'incarner les « Créatures de grève ». Ainsi, Chantal Caron et Jean-Pierre Bourgault, pour n'en nommer que deux, ont été transformés par le fleuve, le temps d'un shooting. « Le projet n'aurait pas eu la même portée sans la participation de ces modèles », explique le photographe. « C'est avec une grande fierté que je les ai accueilli dans mon laboratoire pour cette métamorphose.  La réceptivité et la générosité des gens ont été remarquables. Ils ont prêté leur corps, leur identité et leur charisme à ce projet créatif. En tout, c'est 11 portraits qui ont été réalisés. », précise-t-il.

Le photographe a choisi de ne pas dévoiler tous les noms des modèles, pour laisser au public le plaisir de découvrir par eux-mêmes le sujet derrière la créature. Le jeu de la recherche identitaire entre la personnalité réelle et celui de la fiction fait partie de l'expérience de l'exposition.

La réalité du fleuve, une image qui parle de nous même 

« La grève est le rayonnement du fleuve, et le fleuve nous retourne une image de nous-même, de nos agissements, de nos non-agissements ». Voilà le constat de Jean-Sébastien Veilleux, photographe. Même si le projet n'a pas de prétention écologique, il fait écho aux traces que nous laissons comme être humain dans cette nature accueillante et passive, explique-t-il.

L'exposition «Créatures de grève» sera ouverte au public jusqu'au 30 octobre de 10h à 12h et de 13h à 16h du mardi au vendredi. Le public du ciné-club et de la salle de spectacle Gérard-Ouellet pourra aussi découvrir l'exposition « Créatures de grève » lors de son passage. 

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